lundi 9 décembre 2013

Jonathan Coe : Expo 58



Samedi après-midi, dans un café.

Je viens de terminer mon livre. La fin relève un peu le niveau, mais on est loin de l’humour et du talent narratif de Testament à l’anglaiseBienvenue au clubLe Cercle fermé et La pluie avant qu’elle tombe.

On se trouve devant le même manque de souffle que dans les deux derniers tiers de son précédent ouvrage, La vie très privée de Mr Sim. Comme si les 100 premières pages de ce dernier avaient consumé l’auteur. La fantaisie de certaines situations tendait alors vers l’absurde, et on avait l’impression que tout était possible dans ce roman. Dans un avion, le personnage principal pouvait parler de sa vie à son voisin pendant toute la durée du vol sans se rendre compte que ce dernier était mort. Traumatisé par cette découverte, il n'osait plus adresser la parole à qui que ce soit jusqu’à rechercher à tout prix la présence et l’échange avec un voyou qui l’agresse et lui vole son portable.

Depuis un livre et demi, Jonathan Coe n’a plus la clef de ses récits. On retrouve bien certains de ses thèmes habituels dans son nouveau livre Expo 58 : le sentiment qu’ont ses héros de passer à côté de leur vie ; le rapport difficile à l’écriture ; la présence diffuse de Birmingham, la ville natale de l’auteur ; et même sa difficulté à écrire des scènes de sexe, un problème qu’il avait subtilement mis en scène dans Testament à l’anglais.

Le postulat de départ aurait pu donner un résultat intéressant. Un petit fonctionnaire sans ambition est envoyé par ses supérieurs du Ministère de la Communication à l’exposition universelle de Bruxelles pour superviser la construction puis la bonne tenue, tout au long de l’événement, de l’un des bâtiments phares du pavillon de la Grande-Bretagne : le pub Britannia, sensé porter haut les valeurs de la civilisation britannique. Propulsé dans l’effervescence bruxelloise, Thomas Foley doit faire face à la tentation de l’adultère et à la complexité des relations internationales au temps de la Guerre froide.

Mais ça ne prend pas. Tout est terriblement prévisible ; l'humour n'apparaît qu'au détour de quelques dialogues très British. On finit par ne pas comprendre ce que Coe veut faire de ce récit ni pourquoi il a choisi ce thème, comme s’il semblait lui-même peu convaincu de l’intérêt de raconter cette histoire. La seule impression que ce livre arrive à faire partager au lecteur est la solitude finale du héros, fruit de ses indécisions et de son désenchantement. Sur les quinze dernières pages, beaucoup trop tard pour nous sortir de notre propre détachement vis-à-vis de ce récit.

(Pour un avis complémentaire, la critique du Guardian : 


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